Présentation

Le bureau est prioritairement impliqué dans le traitement de programmes diversifiés au cœur de contextes environnementaux et institutionnels complexes.

Les contraintes – le « donné » qui fait l’objet de « lectures » minutieuses – sont considérées comme facteurs positifs dans le processus d’élaboration. Leur interprétation confère du sens au projet architectural, il acquiert ainsi sa pertinence et sa dimension culturelle. C’est donc bien dans la gestion de la complexité – et non dans la production de singularités – que résident nos ambitions.

Le contexte du projet s’étend à son inscription et la transformation du territoire - rural et urbain - bien commun. Et sa substance est précisée jusque dans sa matérialité et ses détails, où il acquiert une charge poétique et sensuelle. Alors que l’objectif « durable » revêt une si grande multiplicité de paramètres, nous veillons à y inscrire nos interventions.

Nous considérons le projet comme un moment d’écoute, de partage et de participation pour les Maître de l’Ouvrage, les institutions, les utilisateurs et les partenaires impliqués dans l’élaboration de nos interventions. Si la signification de la forme construite nous apparaît cruciale, l’est davantage encore la qualité des espaces déterminés directement et indirectement par nos actions. Ils sont en effet les lieux de la Vie, expression de la présence régulière ou impromptue des hommes et des femmes.


Parc Josaphat à Schaerbeek - Concours

Construction de la « Laiterie ». Projet lauréat.



Architexto 4 / extrait

Réunir dans un même ouvrage Daniel Delgoffe, architecte discret tant dans sa démarche que dans ses réalisations « supports de participation au monde », et Mycose, collectif aux allures désinvoltes et adepte du do-it-yourself, a-t-il un sens ?

Les discussions qui ont présidées à la réalisation du présent volume ont témoigné de cette difficulté. Fallait-il le scinder en deux : une moitié pour la BD, une moitié pour l’archi avec le risque d’ostraciser une discipline par rapport à l’autre ? (Le sérieux face au frivole ; le sympa face au chiant). La décision de répartir les interventions de l’architecte et du collectif sur l’ensemble de l’ouvrage tend à montrer que derrière l’apparente dualité des choses, un véritable dialogue est susceptible de naître.

Daniel Delgoffe utilise les mots éclectisme et continuité pour définir son travail. Voilà qui me semble bien résumer la démarche de Mycose dont les publications touchent tout autant au grotesque qu’à la poésie. Continuité : assurément ! Le collectif est demeuré fidèle à ses intentions initiales, dans sa volonté de ne pas se conformer aux formules et au codes inlassablement reproduits qui affectent ad nauseum un très large pan de la création en bandes dessinées. L’architecture n’a rien à lui envier en matière de ressassement des poncifs. Daniel Delgoffe y fait écho dans son refus de se conformer au tout venant indifférencié : « l’acte de bâtir n’a à mon sens rien à voir avec la conformité à un quelconque style ».

L’autre lien ténu que je crois discerner de part et d’autre relève, d’une forme d’ouverture vers le monde. Daniel Delgoffe comme plusieurs des membres de Mycose partagent création et enseignement. Deux activités intimement intriquées, qui ne sont jamais hermétiquement fermées l’une à l’autre, où l’envie de partager ses propres expériences avec celles des autres nourrit la création et réciproquement.

Mycose est à la fois un groupe d’auteurs mais aussi une maison d’édition. Ici le plaisir de créer se double de l’exaltation de découvrir et de faire connaître de nouveaux talents. C’est toujours un bonheur de croiser Bosley au festival d’Angoulême lorsqu’il vous dit, par exemple : « Je viens de rencontrer un suisse : un vrai tueur qui a un talent fou ! On va l’intégrer au prochain numéro. Ce sera génial ! »
Un enthousiasme que l’on retrouve chez Daniel Delgoffe, certes exprimé de manière très différente. Pratiquer l’architecture, comme éditer un fanzine, c’est toujours une rencontre. A l’inverse de ce que l’on peut observer à propos d’une certaine future gare TGV à Liège, il ne s’agit pas pour lui d’imposer a tout prix, une démarche, un style, une esthétique en faisant fi des vertus du dialogue : « … la question n’est pas ‘qu’est ce que je veux’, mais ‘qu’est ce qui est bien pour le projet’. »

Erwin Dejasse


| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |
Copyright © 2019 Atelier d’Architecture Daniel Delgoffe